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Trump durcit les sanctions contre Cuba en pleine mobilisation du 1er-Mai à La Havane
information fournie par AFP 01/05/2026 à 22:08

Rassemblement, à l'appel du pouvoir cubain, devant l'ambassade américaine, le 1er mai 2026 à La Havane ( AFP / ADALBERTO ROQUE )

Rassemblement, à l'appel du pouvoir cubain, devant l'ambassade américaine, le 1er mai 2026 à La Havane ( AFP / ADALBERTO ROQUE )

Donald Trump a annoncé vendredi un durcissement des sanctions contre Cuba, où un défilé a été organisé à l'occasion du 1er-Mai pour "défendre la patrie" et dénoncer les menaces d'agression militaire américaine.

Le président américain estime que l'île communiste, située à 150 km des côtes de Floride, continue de représenter "une menace extraordinaire" pour la sécurité nationale des Etats-Unis.

Ces nouvelles sanctions, qui figurent dans un décret présidentiel et sont destinées à renforcer la pression sur La Havane en pleine crise économique, ciblent notamment les banques étrangères qui collaborent avec le gouvernement cubain, et imposent des restrictions en matière d'immigration.

Dans ce décret, Donald Trump impose des sanctions à l'encontre de personnes et entités impliquées dans les secteurs de l'énergie, des mines et d'autres secteurs de l'île, ainsi que contre toute personne reconnue coupable de "violations graves des droits de l'homme".

Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez, a qualifié sur X ces nouvelles sanctions d'"illégales" et "abusives".

"Ce n'est pas un hasard si ces mesures ont été annoncées le 1er mai, le jour même où des millions de Cubains sont descendus dans la rue pour dénoncer le blocus américain et le siège énergétique", a-t-il ajouté.

Outre l'embargo américain en vigueur depuis 1962, Washington, qui ne cache pas son souhait de voir un changement de régime à La Havane, impose depuis janvier à Cuba un blocus pétrolier, n'ayant autorisé depuis lors l'arrivée que d'un seul pétrolier russe.

Vendredi matin, un défilé a été organisé face à l'ambassade des Etats-Unis à La Havane, auquel ont participé le dirigeant révolutionnaire Raul Castro, 94 ans, et le président cubain Miguel Diaz-Canel.

Ce dernier avait appelé la veille sur X les Cubains à se mobiliser "contre le blocus génocidaire et les grossières menaces impériales" des Etats-Unis. Des Cubains se sont aussi mobilisés dans les principales villes du pays.

Les autorités ont revendiqué un demi-million de participants à La Havane, un chiffre que l'AFP n'était pas en mesure de vérifier de façon indépendante.

- "La patrie, on la défend" -

Sous le mot d'ordre "la patrie, on la défend", le pouvoir avait convoqué des employés d'entreprises d'Etat, fonctionnaires, membres du Parti communiste cubain (PCC, unique) à converger dès l'aube vers une esplanade baptisée "tribune anti-impérialiste" et située face à la mission diplomatique américaine.

Déjà secouée par une profonde crise économique sous l'effet conjugué du renforcement des sanctions américaines sous le premier mandat de Donald Trump (2017-2021), des faiblesses structurelles de son économie centralisée et d'une réforme monétaire ratée, l'île de 9,6 millions d'habitants a vu son activité quasiment paralysée depuis fin janvier.

Le tourisme, importante source de devises, s'est effondré de moitié depuis le début de l'année, la production de nickel et de cobalt est à l'arrêt, tandis que le secteur du tabac, autre secteur d'exportation, souffre du manque de carburant.

L’ancien président cubain Raul Castro (au centre) et l’ancien vice-président José Ramon Machado Ventura (à droite) participent à un rassemblement du 1er Mai marquant la Fête internationale des travailleurs à La Havane, le 1er mai 2026 ( AFP / YAMIL LAGE )

L’ancien président cubain Raul Castro (au centre) et l’ancien vice-président José Ramon Machado Ventura (à droite) participent à un rassemblement du 1er Mai marquant la Fête internationale des travailleurs à La Havane, le 1er mai 2026 ( AFP / YAMIL LAGE )

"Face à l'immensité des restrictions qui cherchent à nous étouffer et à nous faire capituler devant des menaces irrationnelles de guerre et de mort, ce 1er-Mai confirme que nous (...) résistons !", a lancé à la tribune le dirigeant du syndicat des travailleurs de Cuba, Osnay Miguel Colina.

"La réponse du peuple a été forte, juste devant l'ambassade des Etats-Unis", s'est réjouie auprès de l'AFP Lidice Guridis, une employée de 42 ans.

Malgré le contexte de fortes tensions, les deux pays sont en pourparlers. Des discussions ont notamment eu lieu le 10 avril à La Havane à un haut niveau diplomatique. A cette occasion, un responsable américain s'est aussi entretenu avec Raul Guillermo Rodriguez Castro, le petit-fils de Raul Castro, également présent au défilé du 1er-Mai.

Pendant le rassemblement, le pouvoir a affirmé avoir collecté ces dernières semaines plus de 6 millions de signatures de Cubains "pour la patrie et pour la paix", dont une compilation a été remise à Raul Castro et au président Diaz-Canel.

Des opposants mettent toutefois en doute les conditions de collecte de certaines signatures.

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